Touché à l’oeil par une fléchette lors de la demi-finale Serbie – Croatie, Zarko Sesum est devenu le plus récent symbole de la haine entre Serbes et Croates et la dernière victime en date d’un mal qui dure depuis plus de 20 ans.
Avec l’effondrement de la Yougoslavie en 1991, les tensions n’ont fait que monter entre les nations serbe et croate, la première aspirant à une « Grande Serbie », incluant de force la Croatie, alors que cette dernière voulait conserver sa toute nouvelle indépendance. À cette époque, les Balkans étaient considérés comme une poudrière où tout pouvait basculer d’un jour à l’autre.
Une situation qui a abouti logiquement et tragiquement sur une guerre, la guerre de Croatie qui a duré de 1991 jusqu’en 1995. Quatre années de conflit, soldées par une victoire croate décisive, mais qui laissa d’énormes stigmates au sein des peuples concernés et plus de 20 000 personnes tuées ou portées disparues. Si les deux pays ont signé un traité de paix en 1995, grâce à une médiation américaine, les peuples des deux pays n’ont en rien oublié ce qu’il s’est passé, surtout pour les Serbes qui voient en les Croates, un sous-peuple à annexer.
Ce caractère belliqueux s’est encore manifesté là où il aurait du être annihilé par la fraternité et le rassemblement que peut créer le sport.
Au-delà des chants haineux et des menaces de mort, dont on entend trop souvent parler lors de manifestations sportives, la fléchette lancée des tribunes, qui visait alors le croate Ivano Balic, a rappelé, en quelques instants, les tirs d’artillerie et les balles des fusils serbes et croates qui ont résonné pendant quatre ans.
Et si parfois les gouvernements, les leaders des nations peuvent être des sources d’inspiration, on ne peut pas vraiment dire que Ivica Dacic, ministre serbe de l’intérieur, a tout fait pour apaiser les tensions, en lâchant ce triste commentaire « Ne vous comportez pas comme des Croates ».
Au final, ces provocations et cette haine qui peuvent sembler aujourd’hui tellement désuète et inconcevable, lorsqu’on regarde ce que la haine de l’autre a causé dans l’Histoire, vont peut-être ruiner la vie de Zarko Sesum, mais surtout ne sont qu’un encouragement aux jeunes populations d’entretenir cette haine de l’autre, pour le pire.
Handball | News et Interviews, Blogs, Résultats, Stages de Hand, …
